Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:39

Cela n'aura échappé à personne, au vu de mes Precedents articles , j'aime bien les jeux de société et j'aime bien Resident Evil. Par conséquent, quand j'ai appris qu'un jeu de société basé sur Resident Evil existait, ma curiosité a été suffisamment attisée pour que je me le procure (avec sa première extension car, grâce à une promotion sur les frais de port, le jeu me coûtait aussi cher avec ou sans) et évidemment, il faut que je profite de notre site pour en parler un peu.

Image

Comme l'indique son nom, RE deckbuilding est un jeu de... deckbuilding, c'est-à-dire qu'avec des ressources, on achète des cartes pour essayer de se constituer un deck le plus efficace possible pour remplir les conditions de victoire du jeu. Contrairement à ce qui se passe avec Magic, toutes les cartes nécessaires pour jouer sont dans la boîte de base (qui se suffit largement à elle-même en termes de durée de vie) et on n’a donc pas de risque de collectionnite aiguë (ou presque, j'y reviendrai en fin d'article). Pour ceux qui connaissent Dominion (auquel je n'ai jamais joué), RE deckbuilding en est une variante moins équilibrée car nettement plus aléatoire, mais avec une ambiance plus marquée. Comme je préfère les jeux d'ambiance, je dirais que c'est tant mieux, mais autant dire aux fans de stratégie pure de passer leur chemin. Autant prévenir également les allergiques à l’anglais, le jeu n'existe que dans cette langue et aucune traduction n’est prévue (ce qui est franchement dommage). Toutefois, pour l’essentiel, il est loin d'être difficile à comprendre.

Il existe plusieurs modes de jeu, qui partagent un système commun. Je vais donc commencer avec le mode standard pour expliquer le système, puis je parlerai rapidement des autres modes. Le but du mode principal est de traverser un manoir et de ramener le plus de décorations possible en tuant le maximum de monstres, la partie prenant fin lorsque le boss du manoir est tué. On peut jouer seul à ce mode, dans ce cas, le seul but est de tuer le boss.

On commence le jeu avec un petit deck de 10 cartes et un personnage qui possède des PV et deux pouvoirs plus ou moins bourrins qui se débloquent une fois qu’on a obtenu un certain nombre de décorations. Le deck comprend des cartes de ressource et des armes de base. Une main faisant 5 cartes on se retrouvera très souvent à mélanger le deck en début de partie. On a également devant soi, plusieurs piles de cartes achetables, qui permettront de booster son personnage, ainsi que l'inquiétante pile « manoir ».

Image

A chaque tour, le joueur prend une nouvelle main et choisit dans quel ordre il va faire ses différentes phases, sachant qu'il peut en regagner durant son tour s'il a les bonnes cartes. Aucune de ces phases n’est obligatoire et il est parfois préférable de ne pas les faire. La phase que l'on fait souvent au début de la partie est l'achat. En effet, c'est le moyen le moins dangereux d'améliorer son personnage. Pour acheter, on doit se servir de cartes de ressource, qui apportent un certain montant d'or et un certain nombre de munitions. On se sert alors de la valeur d'or de ces cartes, les munitions étant perdues. Une fois que l'on a fait le total de son or on peut procéder à un seul et unique achat pour chaque phase d'achat dont on dispose.

Lorsqu’on aura assez de cartes, on tentera assez vite d'augmenter le nombre de phases d’achat possibles grâce aux cartes « action ». La phase « action » justement donne l’occasion de jouer une de ces dernières. La plupart des cartes « action » font gagner une ou plusieurs phases et aident ainsi à fluidifier la façon dont son deck tourne. Elles permettent souvent de prendre aussi plus de cartes en main. De plus, certaines boostent les dégâts que l’on peut faire.

Image

Dès que l'on a assez d'équipement on peut tenter d'explorer le manoir. Explorer est essentiel car c'est le seul moyen de gagner des décorations, or le vainqueur est le joueur qui en a le plus et, en outre, tous les personnages débloquent des compétences au bout d’un certain nombre de décorations obtenues. Par ailleurs, l’exploration est aussi la seule phase qui peut coûter la vie. Le principe est simple, on annonce son exploration, puis on indique quelles armes on va utiliser. Le nombre de celles-ci n’est limité que par la main. Ensuite on active les armes à l'aide des munitions des cartes « ressource ». Vous noterez que l'on peut utiliser une carte « ressource » soit pour son or soit pour ses munitions. Il y a donc un choix à faire à chaque tour selon ce qui semble important. Enfin, on retourne la carte « manoir » qui se trouve sur le haut de la pile. Si c'est un objet, on le ramasse et on perd ses armes (à moins que l'on ait des phases d'exploration bonus, dans ce cas on peut en effet continuer d'explorer immédiatement). Si c'est un monstre, on regarde si on a assez de points de dégât pour le tuer. Si on en a assez, le monstre est retiré du jeu et l'on garde sa carte pour savoir le nombre de décorations que l'on possède. Si l'on ne fait pas assez de dégâts pour le tuer, le monstre nous attaque et l'on perd des points de vie selon les dégâts qu’il fait. Ceci met automatiquement fin à notre tour, même s'il nous reste d'autres phases. La difficulté vient du fait qu'on ne sait pas sur quelle bestiole on va tomber. Si celle-ci est faible, il est frustrant de gâcher son lance-missile dessus, sauf si on a une explo bonus. Cependant, dans ce cas, il faudra dépasser les points de vie cumulés des deux monstres, ce qui représente une sacrée part de risque, surtout qu'en cas d'échec on subit leurs dégâts cumulés. Néanmoins, se retrouver avec un pistolet et un couteau face au Nemesis est bien plus problématique car on a de fortes chances de se retrouver immédiatement à 0 PV.

Image

Il reste une dernière phase, la phase de soin. On ne peut pas en gagner de supplémentaire, il faut donc bien la placer. Elle permet d'utiliser une et une seule carte de soin pour se soigner.

Voilà en gros le système de jeu.

Maintenant, le jeu propose deux autres modes.

Le premier est le mode Mercenaire, dans lequel il n'y a que des petits et moyens ennemis à tuer qui retournent dans la pile « manoir » après leur mort. On commence ce mode avec un inventaire nettement plus conséquent. On a un nombre de tours extrêmement faible pour faire le score le plus élevé possible. En revanche, on peut réaliser des combos de kill pour faire monter son score en flèche. L'avantage de ce mode de jeu est qu'il est très court, mais aussi que l'on peut jouer en équipe.

Image

Enfin, il y a le mode Versus dans lequel le manoir disparaît et où la phase d’exploration est remplacée par une phase d’attaque durant laquelle on peut s’en prendre directement à un joueur.

Image

Bon, qu'ai-je pensé de ce jeu après quelques parties ?
Tout d’abord, le matériel est de bonne qualité et les illustrations sont très belles. Elles sont souvent issues des artbooks des jeux. Les plus récentes reprennent le modèle 3D du jeu en le retravaillant avec un effet crayonné. En revanche, si la boîte a été pensée pour pouvoir classer les cartes, certains emplacements, trop petits, peuvent les abîmer.
Ensuite, en termes d'ambiance, l'univers de RE est plutôt bien exploité, même si je ferais un gros reproche quant au choix du bestiaire. Pourquoi ne pas avoir thématisé le jeu ainsi que les extensions pour qu'il y ait une ressemblance avec les jeux que nous aimons. En effet, il est quand même dommage de rencontrer un bestiaire mélangé de RE 1 à 5 (le boss du manoir est l'Uroboros Aheri ! Sérieux, qu'est-ce qu'il vient foutre là ?!), alors que le concept du jeu est thématisé sur RE 1 uniquement. Pour le reste, l'ambiance fonctionne très bien, avec le grand stress quand il s'agit de pousser la porte du manoir pour savoir sur quelles saloperies on va tomber, et la joie quand on tombe sur une arme ultime dans le paquet ! Le fait de pouvoir jouer avec ses héros favoris est un plaisir supplémentaire.

Du point de vue de la mécanique de jeu, beaucoup de choses ont été sacrifiées à l'ambiance et, malheureusement, cela nuit au jeu. Les personnages déséquilibrent un système de base déjà bien aléatoire (malheureusement, il arrive que le hasard décide de s'acharner méchamment sur un joueur). En effet, certains sont largement supérieurs, et de ce fait, pour obtenir des parties à peu près équilibrées, il vaut mieux en retirer une partie en ne gardant que les plus forts ou que les plus faibles. Chaque personnage a sa stratégie personnelle liée à ses pouvoirs, mais certains ont des avantages totalement fumés qui laissent peu de chance à l’adversaire. C'est donc aux joueurs de se mettre d'accord pour supprimer certains personnages afin que la partie ne soit pas trop déséquilibrée. Une fois ce problème réglé, le jeu devient très agréable à jouer.

Enfin, ce jeu de société a une très grande durée de vie, grâce aux 3 modes de jeux, mais aussi parce qu'il est facile de changer l'équilibre d'une partie en choisissant d'autres cartes à mettre en vente (la boîte de base contenant pas mal de possibilités alternatives).

Au final, ce jeu est donc bon mais pas exceptionnel. On sent que le beta testing n’a pas été poussé jusqu’au bout, mais son ambiance et sa durée de vie sont les gros points forts.

Image
Un petit mot à propos du premier supplément : Alliances. Le jeu est le même à ceci près que les personnages sont pensés pour être joués par groupe de deux.
Évidemment, pour pousser à la collectionnite, les cartes de monstre ainsi que les armes et les actions sont spécifiques à ce jeu. Si cela n'est pas forcément gênant, il faut noter qu'une bonne partie des cartes qui fluidifient le jeu manquent à l'appel et que certaines armes ont juste des règles totalement abusées (le lance-flamme est tellement ultime qu'on se demande qui est l'abruti qui en a écrit les règles). L'exploration est aussi plus dangereuse que dans le jeu original. Enfin, les personnages me semblent encore plus déséquilibrés que dans RE deckbuilding et, comme cette fois il faut en choisir deux, certains joueurs seront forcément désavantagés (Josh Stone ou le perso qui a tellement de malus qu'il ne sert à rien...). J'aurais tendance à déconseiller l’achat de cette extension. A noter par contre qu'elle fonctionne sans la boîte de base.
Image

Enfin, deux autres extensions sont sorties, Outbreak et Nightmare. Les retours sur le net de la première semblent plutôt bons, autant si ce n'est plus que ceux du jeu original. Les joueurs ont l'air plutôt emballé par le système d'infection. Par ailleurs, cette extension semble être le seul jeu avec un bestiaire correspondant réellement aux épisodes qui lui donnent son nom. Quant à Nightmare, j'ai découvert son existence en écrivant cet article, j'aurais donc du mal à vous en parler. Notez que, contrairement à Alliances, ces extensions nécessitent de posséder l'une des deux boîtes de base.

Voilà, comme ça les curieux qui ont envie de s'y mettre ont une idée de ce que donne le jeu. Perso je pense que si vous êtes fan de Resident Evil et que vous aimez les jeux de cartes il ne faut pas hésiter a le prendre car c'est un jeu très sympa, pour les autres j'espère que mon article vous aidera a vous faire votre propre avis !

Partager cet article

Repost 0
Published by Ray, qui essaie de ne pas craquer pour acheter les autres extensions. - dans Mangas-Comics-BD et Jeux de Plateaux.
commenter cet article

commentaires

Ray 23/07/2012 22:05


Juste une petite rectif a propos des combats. Perdre un combat ne met pas fin au tour (contrairement a ce que j'ai mis dans mon article, c'est arriver a 0 point de vie qui met immédiatement fin
au tour (encore désolé pour cette erreur...).

Ray 23/07/2012 19:20


Je met cette vidéo pour ceux qui veulent mieux voir a quoi ressemble le jeu :


http://www.youtube.com/watch?v=lA9sV74QYfA


 


Et je confirme, pour ce que j'ai cherché sur le net, Outbreak est la version la mieux foutue du jeu.


La toute dernière, Nightmare semble bourrée de coquille (ce qui énerve pas mal), et n'apporte pas grand chose de nouveau.