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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 20:14

S'il y a quelque chose que j'aimais dans les films de mon enfance, c'est le fait de découvrir des lieux nouveaux et incroyables. Cela a sans doute été influencé par ma sœur qui adorait regarder des westerns.

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Ou bien de grands films aux paysages spectaculaires comme Lawrence d'Arabie :

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Toutefois, je pense que j'ai vraiment commencé à adorer ça quand les lieux des films qu'elle regardait sont devenus plus ludiques dans leur utilisation, comme dans un Indiana Jones :

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Cependant, s'il y a des films qui me marquèrent encore plus de ce point de vue-là, ce furent sans aucun doute les films Star Wars. La découverte de planètes inconnues (pour nous en tant que spectateurs, les lieux semblant souvent normaux aux héros de la série), voire étranges, avec des habitants non moins extraordinaires me marqua beaucoup ainsi que les nombreux monstres et bestioles bizarres. Cela me marqua même si les astuces qui servaient à rendre ces planètes différentes de la Terre tenaient du simple photo montage.

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Certes d'autres films montraient des environnements incroyables. Je pense, entre autres, à Gandahar de René Laloux. Ce film possède une esthétique très originale pour son époque et, quand on a été élevé avec un tel film, il est normal de trouver les décors d'un Avatar de James Cameron quelconques.

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Au-delà de ce goût pour les planètes incroyables et la découverte d'habitants bizarres, Star Wars éveilla en moi une autre passion, celle de l'espace et des vaisseaux spaciaux.

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A partir de ce moment, des films dont j'étais trop jeune pour comprendre les enjeux m’intéressaient juste parce qu’ils me permettaient de voir de belles images de l'espace. Certains plans de 2001 : l'Odyssée de l'espace, par exemple, me marquèrent profondément même si je ne comprenais rien à la profondeur de l'histoire.

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Grâce à Star Wars, j'étais fasciné par l'idée de rencontrer des extraterrestres, et des films comme Rencontre du 3ème type et la scène d'un premier échange, de la première discussion, entre humains et extraterrestres à l'aide d'un jeu de "Jacques a dit" était merveilleuse.

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Et puis, un jour, j'ai pu voir un film qui a vraiment bouleversé ma vision de l'espace. Dans ce film, il y avait tout pour le gamin de 8 ans que j'étais : de magnifiques plans de l'espace, une planète mystérieuse, des vaisseaux spatiaux et surtout la rencontre d'êtres humains avec une nouvelle et incroyable espèce. Et en plus, je n'avais pas le droit de voir ce film car il était classé en film d'horreur, ce qui est toujours motivant quand on est un gamin. Pourtant, mon regard d'enfant n'a jamais vu l'horreur de ce film, trop occupé à être fasciné par tous les éléments fantastiques qui le composent. De la même façon, je n'ai jamais été choqué par le sorcier arrachant un cœur dans mon Indiana Jones favori, Indiana Jones et le temple maudit.

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Ce film qui me fascina tant ; c'est Alien.

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Au-delà de son histoire, plutôt simple à comprendre mais très bien menée, j'ai été fasciné par la sensation de découverte que procure ce film. Découverte du mystérieux intérieur du Nostromo dès les premiers plans du film, sans dialogue, juste avec une bande son mystérieuse.

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Découverte de LV-426, cette planète inhabitable et d'où vient pourtant un message mystérieux.

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Découverte des ruines d'un vaisseau spatial d'une civilisation inconnue.

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Et surtout la découverte d'une des bestioles les plus impressionnantes de l'histoire du cinéma :

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Si Alien m'a marqué, ce n'est pas tant parce que c’était l'un de mes premiers films d'horreur. D’ailleurs, même s'il m'a fait aimer le genre, il est loin d'être un film d'horreur pur et dur, étant largement moins violent et malsain que bien d'autres films du genre. Non, si Alien, m’a tant marqué, c’est parce qu’il comportait un mélange quasi parfait de tout ce que j'aimais en tant qu'enfant, et, évidemment, j'ai vite cherché à retrouver ça dans mes jeux vidéo préférés.

Sur Amstrad CPC, il y avait bien l'Arche du Capitaine Blood, mais étant trop petit (et habitué à des jeux trop bourrins) pour comprendre le fonctionnement du système de dialogue (ainsi que la psychologie des différents extraterrestres que l'on croisait), je n'ai pu profiter de toute la profondeur incroyable de ce jeu.

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Très vite, je préférais m'amuser à faire exploser des planètes pour le plaisir de voir l'animation de destruction de celles-ci (qui rappelait beaucoup la destruction du Nostromo, le vaisseau où se déroule Alien), plutôt que de chercher à comprendre comment entrer en contact avec de mystérieuses créatures.

Bien plus tard, mon besoin d'exploration fut en partie comblé par Super Metroid, premier opus de cette très bonne série auquel j'ai eu l'occasion de jouer.

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Visiter l'immense planète Zebes fut pour moi, pendant longtemps, ce qui se rapprochait le plus de la sensation que je cherchais. Le fait d'être plus libre que dans de nombreux jeux de plates-formes, de croiser des créatures qui ne semblent pas directement agressives mais qui peuvent nous blesser si on leur tombe dessus, donnait l'impression d'explorer une vraie planète (et pourtant, bien vite, on tombe sur des ennemis plus classiques).

La formule fut encore améliorée dans la sous-série des Metroid Prime, qui, au-delà du portage de la série en 3D, nous apportait surtout le viseur d'analyse. Maintenant, en plus de supposer qu'une bestiole vit là par hasard et qu'on la dérange dans son activité (ce qui explique qu'elle nous agresse), une analyse de la bestiole nous permet de savoir quelle est sa place dans l’écosystème de la planète, ce qui donne plus de crédibilité à sa présence et augmente notre immersion en tant que joueur .

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Le fait de visiter d'anciens temples d'une civilisation inconnue me rappelait beaucoup l'exploration d'Alien, avec tout le mystère qui l'entoure (là où, dans les anciens Metroid, le peu de scénarisation du jeu ne donnait pas autant cette impression de civilisation perdue malgré de plus où moins vagues suggestions dans certains épisodes).

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A ce propos, l'idée du viseur d'analyse fut reprise telle quelle dans le sympathique jeu adapté du film Avatar qui sortit sur PC, X-Box 360 et PS3.
Le jeu permettait par ce biais d'en découvrir un peu plus sur Pandora d'une manière assez ludique (enfin pas tout le temps, certains passages du jeu étant parfois mal conçus, surtout quand on joue les Na'vis).

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Toutefois, tous ces jeux passaient à côté de quelque chose d'important à mes yeux : la sensation de rencontre avec une culture inconnue. Sensation que, pourtant sans aucun mot, un jeu plus linéaire comme Another World arrive à transmettre.

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Cependant, dans ce cas, il manquait la possibilité d’interagir réellement soi-même avec les extraterrestres (enfin, dans le cas d’Another World, c'est plutôt nous l'intrus qui envahit leur terre).

Un jeu comme Outcast (auquel malheureusement je n'ai pu jouer que très peu de temps) est sans doute ce qui a mélangé le mieux cette idée d'exploration et la rencontre culturelle avec des créatures d'une autre planète.

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Si je vous parle de tout ça, c'est que récemment j'ai pu jouer à deux jeux qui m'ont encore une fois permis de contenter cette envie d'exploration de lieu inconnu et de rencontre avec des créatures très différentes de nous. Pas de grands jeux blockbusters qui actuellement n'osent de toute façon que trop rarement prendre réellement des risques. Juste deux petits jeux indépendants qui, sans être parfaits, m'ont épaté par leurs idées originales.

Tout d'abord Waking Mars, un jeu que j'ai découvert sur PC mais qui est aussi sorti sur smartphone. Dans ce jeu, on joue un astrononaute qui fait partie d'une équipe qui s’est posée sur Mars et y effectue des analyses. Parti à la recherche d'une sonde qui a cessé d'émettre après avoir rencontré la première forme de vie martienne (une plante), on se retrouve coincé dans un éboulement.

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La grosse force de Waking Mars est sans doute d'être l'un des rares clones de Metroid où il n'y a pas de combats. Oui, Waking Mars est un jeu pacifiste à l’extrême et cela sert le jeu.

Contrairement à ce qui se passe dans les autres jeux du genre, notre évolution dans Waking Mars est pacifique. Notre activité principale sera de comprendre comment fonctionne l'écosystème de Mars et de réussir à le faire se développer de façon à pouvoir rejoindre notre collègue restée à l'extérieur.

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Certes, le fonctionnement de cet écosystème est très simplifié et pourrait énerver les écologues en quête d’autre chose qu'une petite initiation à l'écologie. Par exemple, on ne peut jamais détruire totalement cet écosystème en polluant trop un sol et donc être bloqué. Si ceci est bien en termes de gameplay, c’est assez éloigné des réalités environnementales que nous connaissons. Toutefois, ce fonctionnement simplifié sert une exploration plutôt fluide et une narration intéressante. En effet, entre les doutes existentiels de notre personnage, les tentatives de notre partenaire pour nous donner envie de continuer à nous battre pour survivre et la découverte des restes d'une civilisation extraterrestre, la narration a de quoi nous accrocher jusqu'au bout. Et pour autant, elle reste assez simple pour être accessible aux plus jeunes (enfin, à condition de savoir lire l'anglais, le jeu n’étant sorti que dans cette langue).

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Quand l’histoire ne nous pousse plus vraiment à avancer, le plaisir de découvrir de nouveaux environnements suffit à nous faire progresser sur la planète, comme dans beaucoup de jeux d'exploration.

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On reprochera surtout au jeu que, pour obtenir une partie de ses fins alternatives, il faudra développer la biomasse des différents environnements présents à son niveau maximum, ce qui est malheureusement très répétitif. C'est d'autant plus dommage que ces fins sont, sans doute, les plus intéressantes du jeu, car elles nous donnent la possibilité de faire des choix plus personnels au vu des réflexions du jeu.

Si donc j’ai retrouvé dans Waking Mars ce qui m’avait touché dans Alien, j’ai trouvé dans l’autre jeu dont je veux vous parler, The Swapper, ce qui m’a manqué dans la préquelle d’Alien : Prometheus. Ce film, également orienté vers l’exploration d'une nouvelle planète m'a en effet beaucoup déçu.

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Ce n'est sûrement pas sur le plan des visuels que ce film m'a déçu. Il est absolument magnifique, et les environnements qu’il montre me font plaisir quand je le revois à cause de leur beauté :

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Je n’ai pas non plus été déçu par l'apparence des créatures impressionnantes de ce film :

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Ce qui m’a déplu dans Prometheus, c’est simplement son écriture. Pour un film censé nous raconter la rencontre de l'espèce humaine avec ses créateurs et nous faire réfléchir sur ce qu'est l’existence, ce film est une grosse déception. Cela est dû aux trop nombreuses coupes du script (je vous invite d'ailleurs à chercher des résumés des différents brouillons du script sur le net pour vous rendre compte du nombre de bonnes idées qui ont été jetées bêtement et des mauvaises qui ont été gardées...) pour des raisons principalement économiques. Qui plus est, ces coupes vont jusqu’à tuer la cohérence au premier degré de l'histoire (le personnage qui gère avec sa combinaison le système de carte est le seul à se perdre de tout le film, bravo...). Or celle-ci est indispensable pour pousser quelqu'un à s’intéresser aux réflexions plus poussées du film. Bref un bel échec.

A l’inverse, The Swapper, qui a une thématique proche de Prometheus, réussit à faire réfléchir sur ce qu'est l'existence, nous faire rencontrer un étrange civilisation et à raconter une bonne histoire tout en étant intéressant à jouer d'un point de vue ludique...

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Je vais donc présenter un peu le jeu avant d’en dire plus sur sa partie narrative. The Swapper est le nom du personnage que l'on joue. Se réveillant amnésique dans la capsule de secours d'une station spatiale et se faisant éjecter sur une planète inconnue, il ne parviendra à revenir sur la station spatiale qu'en utilisant un mystérieux appareil trouvé sur les restes d'une excavation faite par le personnel de la station. Cet appareil permet de créer des clones de notre personnage et de transférer son "âme" dans l'un d’eux. Le jeu est en fait un jeu d'énigmes utilisant le gameplay d'un jeu de plates-formes (par certains aspects, cela rappelle les versions 2D de Portal que l'on peut facilement trouver en flash sur le net). Il faut gérer ses clones (qui copient les mouvements que l'on fait mais à partir de l'endroit où on les crée) de façon à activer des mécanismes qui nous permettront d'atteindre des clefs qui ouvrent de nouvelles sections du jeu. La progression du jeu est donc plutôt linéaire (malgré la possibilité d'esquiver certaines énigmes, on sera quand même forcé de toutes les faire pour ouvrir la dernière section du jeu. Autant toutes les faire dès la première fois). Encore une fois, on a affaire à un jeu vidéo non-violent.

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Cependant, contrairement à Waking Mars, le jeu The Swapper n'est pas à mettre dans toutes les mains. En effet, son scénario aborde des réflexions assez poussées sur la notion d'existence et parle par moments de sujets assez tragiques comme le suicide. Malgré ça, c'est un jeu auquel il faut jouer, en raison de la qualité de son écriture. S’il y a quelques erreurs, dues surtout à des justifications de gameplay, qui créent de petites incohérences dans l'histoire, elles n’en créent heureusement pas dans les réflexions qui en découlent. Le gameplay participe aussi à cette réflexion : se voir sacrifier des corps vidés de leur "âme" pour réussir à avancer fait naturellement se poser des questions sur le fait de savoir si on peut les considérer comme vivants. Et l'ambiance lourde du jeu renforce l'impression de malaise que causent nos actes.

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Ces réflexions sont accentuées par la bataille idéologique que se livrent deux personnages durant le jeu, chacun ayant un point de vue très tranché sur la notion d’existence. A la fin du jeu, ce sera à nous de choisir qui a raison.

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C'est peut-être là que réside un des rares défauts du jeu. Les fins proposées, au nombre de deux, offrent, à mon goût, un choix trop limité. Il ne nous est pas possible de faire un troisième ou quatrième choix dont l'idée nous vient avec les réflexions que l'on mène en faisant le jeu. Ces choix seraient pourtant aussi justifiés que les deux possibilités proposées par le jeu. Malgré tout, cette décision finale a comme force d'être lourde de conséquences et par extension très intéressante.

C'est en découvrant de tels jeux que je ne perds pas l’espoir de trouver (que cela soit en jeu vidéo ou au cinéma) des histoires bien menées nous permettant de rencontrer de nouvelles civilisations et d’explorer des lieux vraiment extraordinaires et qui stimulent autant notre émerveillement qu’elles nous inspirent des réflexions interéssantes sur notre propre existence.

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Published by Ray, qui parfois semble être sur une autre planète. - dans Prend ton pad !
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