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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 00:15

Je me dis souvent que pour certain personnages de BD que j'aime vraiment beaucoup, j'aurais preferé ne jamais les voir sur grand ecran.
Trop iconique, destruction de mythologie ou trop de prise de liberté.

Il n'etait pas evident de faire une création autour de plusieurs mythes de l'univers de Batman.. au bas mots 70 ans de Comics quand même, hein.
Passant par des visions plus discutable que d'autres ainsi que par des adaptations honnetes (Burton) à totalement insultante (Shumacher).

Christopher Nolan, lui, a opté pour un traitement coherent à notre realité.
Son point de vue etait à mes yeux un challenge que je le trouve plus que reussi.
Tout d'abord en s'attaquant aux fondement du personnage et à sa construction dans le 1er episode, puis à sa structure même dans le 2 eme.
Les 2 thematiques fondamentales de "la Peur" et "la Folie" qui flottent au sein de l'univers du personnage.


Batman Begins
(La Peur)



Tres jeune, Bruce Wayne a assisté impuissant au meurtre de ses richissimes parents, traumatisé, il grandit obnibulé par la vengeance dans la ville de Gotham, qui de jours en jours augmentent son taux de criminalité..
Se sentant frustré et impuissant, il s'expatrie dans des contrées d'Asie pour vivre parmi les criminel afin de comprendre leurs fonctionnements.
Il y rencontrera une communauté sectaire de Ninja, qui lui apprendront à devenir un guerrier accompli en tout domaine.

Il ne lui restera plus qu'à se creer une image, un symbole qui inspirera la crainte, la peur..
C'est en se souvenant de sa chute dans un puit de son domaine lors de ses jeux d'enfance, sujet de sa hantise à propos des chauves souris, qu'il comprendra ce qu'il doit devenir.


Nolan nous focalise alors sur le theme complementaire de la peur qui n'est autre que la "mise en scene" :

Lorsque que la Ligue des Assassins forment Wayne, ils lui apprennent les artifices de ninjutsu, soutenu par les quelques dialogues :
"l'homme craint ce qu'il ne peut voir", "la mise en scène et la duperie sont des armes puissantes".
Durant cette 1ere partie, chaque epreuves, lieux (grotte du manoir) ou objets (tenues paramilitaires) profitent à la creation de la legende urbaine qu'il deviendra.


Le Climax est atteint lorsque de la 1ere apparition de Batman qui acquert un statut surnaturel pour les voyous ("il parait qu'il vole", ect), alors que nous spectateurs, savons de par la narration du metrage que tous n'est que poudre aux yeux.. Batman n'est qu'un homme passé maitre dans l'art du camouflage et aidé par sa technologie.

Un propos amplifié par le traitement de David Crane/l'Epouvantail usant de drogues, creant de terrifiante hallucinations à ses victimes.
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Mais la plus grande subtilité et utilisation de la mise en scene vient bien evidemment de Ra's Al Ghul, qui nous offre un twist interessant dans son come back.
"Mais Ra's Al Ghul n'est il pas immortel ? et ses methodes ne sont elle pas surnaturelles ?"

Wayne en tant que disciple a pris au pied de la lettre les conseils de son Maitre sur l'esbrouffe, cependant il n'etait pas pour autant à l'abri de se faire avoir.

Ici encore il y a toute la force et la representation d'un mythe.
Ce qui entraine inevitablement une double lecture et quelques debats sur la réel mort du Vilain dans la sequence finale.
Est il réellement immortel ?
Preuve que ça marche.. le flou reste omnipresent même apres avoir vu disparaitre dans l'explosion et les flammes.

Vient en finalité la fameuse theorie d'escalade, decrite par Jim Gordon :

"Vous êtes un homme qui se deguise en chauve souris et qui court sur les toits la nuit..
Tenez un exemple :
Un certain gout pour la mise en scene et il nous a laissé sa carte.."

L'introduction du personnage Joker.
En toute logique.



Dark Knight
(La Folie)



Batman et le commissaire Gordon travaillent sur la façon d'eradiquer le crime qui sevit encore dans Gotham, appuyé par le procureur Harvey Dent, qui semble representer une veritable lueur d'espoir.
Cependant un nouvelle forme de terreur et de chaos semble grandir par le nom du Joker.  


Apres une sequence d'introduction forte en tension, il est aisé de comprendre que la thematique serait la manipulation.
Celle engendré par le Joker pendant tout le film, en donnant multiples versions pour ses cicatrices, jouant à derouter les gens et leurs systemes..
La peur de Batman se mue et disparait au profit de la panique instauré par son nemesis selon la theorie de l'escalade.
à l'image des viligantes qui se deguisent en Chauve Souris et lui demandent "c'est quoi la difference entre toi et nous ?"

Aucune..Il fait sa loi et se place dessus de celle existante, pourquoi pas eux alors ?
Pourtant, lui, a des principes bien ancrés et tente de faire face à des dilemnes de responsabilité morale, ce qui le rend prisonnier d'un Joker qui s'acharne à essayer de les detruire.

Car la barriere est bien mince entre la façon dont Batman utilise la peur et le Joker use de la panique.
Il lui précise d'ailleurs :
"tu n'as rien.. aucun moyen de me faire peur."

Ce qui est tout à fait juste.

De par son incapacité à contenir le Joker, de par les regles et les limites qu'il ne veut pas franchir, Batman passe alors en second plan, comme si la panique etait le rôle principal de Dark Knight.
Phagocyté par le chaos personnifié.

Harvey Dent fera office d'exemple, puisque il aura suffit d'une pichenette pour qu'il cede à la folie et devienne Double Face.

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Il s'agit toujours de nevrose.. presque toute lié à celle de Batman et du Joker.

L'obsession de l'ordre, du chaos, et maintenant par la naissance de Double Face symbolisant l'impartialité via sa piece fetiche.

Batman par ses actions a enfanté des creatures creant le cercle vicieux que le Joker decrit si bien..
"Tu refuses de ma tuer par sentiment de noblesse des plus imaginaires, alors que moi je refuse de te tuer parce que tu es tellement amusant."

 
Le combat est sans fin.

 

La solution consistera à faire le sacrifice de son image, de son symbole et tout comme dans Batman Begins, encore et toujours une mise en scene :


Double Face sera caché aux yeux de Gotham, seul l'image d'Harvey Dent, réel symbole de justice, devra perdurer même mort..
Batman endossera le rôle du hors la loi, parce que c'est ainsi qu'il a agit, qu'il pourra agir et c'est surement de cette façon qu'il pourra à nouveaux faire peur à la voyoucratie de Gotham.

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La voie choisit par Nolan n'etait pas des plus facile, à l'evocation de la Batmobile on peut tres rapidement se faire une idée des quelques polemiques que ça engendre.
mais dans mon cas tout me semble à propos, exit l'esthetique d'un Burton il s'agit d'utilitaire avant tout, quoi de mieux qu'un tank (comme dans le Comics Dark Knight Return de Frank Miller) pour passer à travers les murs lors d'une poursuite, police aux trains ?

Ou tout bêtement d'une armure avec laquelle on peut enfin tourner la tête (reference au costume de Burton).

Pour ma part, de la creation de son mythe à l'affirmation de son identité, avec Nolan, Batman a enfin eu des films à sa hauteur.

Pour le reste c'est dans Batman selon Nolan, 2eme partie.

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Published by Linsky qui sourit aux chauves - dans Pas de PopCorn pendant la seance !
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commentaires

franck htet 15/03/2013 21:56


J'ai vraiment adoré ces
artilces. Ça résume
totalement de ce que je pense de cette trilogie extraordinaire (mon trilogie préféré EVER). 


Merci beaucoup et bravo pour le
travail !
 


 

jeje829 23/07/2010 15:19


Je le voyais déjà sur les forums de nolife, mais ça confirme bien ton amour du cinéma(et du comics) et de ta passion à tout décortiquer dans une oeuvre.
Toujours aussi passionnant à lire, merci ^^


Petitgoth 23/07/2010 11:10


Il manque une petit chapitre à ton analyse, à moins que tu ne le reserves pour plus tard puisque tu as déjà réfléchi là dessus :
Batman est il fasciste? ^^
us bad! lol