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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 09:22

Aimant beaucoup les films d'action, il fallait bien qu'un jour je voie des films d'arts martiaux.
Pour moi, c'est un genre à part car certains de ses codes sont très différents de ceux des films d'action classiques.

Souvent, l'histoire y est minimaliste car le vrai intérêt réside dans les prouesses martiales des acteurs. Le charisme de ces derniers est aussi secondaire (contrairement à ce qui vaut dans les films d'action plus classiques, même si cette différence tend à disparaître). Il est plus important que les acteurs soient vraiment capables de faire des mouvements nous semblant physiquement impossibles et surtout des combats extrêmement chorégraphiés semblant souvent irréalistes par leur durée.

Évidemment, parler de ce genre de film sans parler de Bruce Lee serait honteux vu que c'est lui qui, pour la plupart d'entre nous, nous a fait découvrir le genre.

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Même si je l'ai sans doute plus connu à cause des rediffusions du Frelon vert :

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Souvent, ses films n'ont pas très bien vieilli, avec des bruitages qui peuvent maintenant sembler kitsch, sur la plupart de ses coups et un humour qui ne plaira pas à tout le monde.

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Et, sans Bruce Lee, nous ne connaîtrions pas Sammo Hung.

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Artiste martial au physique qui peut nous paraître surprenant et qui sait très bien en jouer, que cela soit pour des scènes de comédie ou simplement parce que c’est toujours incroyable de voir un "p’tit gros" faire ça :

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Chez nous, il fut plus connu à cause de la série Le Flic de Shanghaï.

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Principalement parce qu'il fut éclipsé au niveau international par l'un de ses amis qu'il avait aidé à se lancer, le célèbre Jackie Chan, qui, au-delà de combats impressionnants ayant marqué mon enfance,

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nous montrait tout son talent humoristique et sa capacité à se grimer.

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Bref, c’était l'âge d'or.

Pour en profiter les gros studios ont cherché des acteurs avec une apparence plus bankable, c'est plus ou moins ainsi que Bruce Lee nous introduisit Chuck Norris.

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Puis, quelques années plus tard, que l'on vit apparaître sur nos écrans des acteurs comme Jean Claude Van Damme.

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Ou Steven Segal (quand j'étais gosse je rêvais de lui ressembler, mais je ne m'attendais pas à ce qu'un jour on le surnomme affectueusement le Panda Bouffi sur Nanarland...).

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Et puis, le film d'arts martiaux est passé de mode à l'international.
Les acteurs occidentaux n'arrivant jamais à faire oublier aux fans du genre les prouesses de leurs concurrents asiatiques et le grand public se lassant assez vite de films aux chorégraphies trop compliquées et irréalistes pour le spectateur lambda et se retournant vers un cinéma d'action plus classique. Les artistes martiaux occidentaux se retrouvèrent alors à utiliser de moins en moins leurs capacités au profit d'armes à feu et de grosses explosions.

Le public du genre continua alors de regarder ce qui se passait en Asie et le grand public n'avait plus aucune chance d'élargir son horizon culturel.

Et si certains acteurs exceptionnels comme Jet Li réussirent finalement à se faire un nom aux Etats-Unis…

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Dès qu'ils faisaient un film aux US, ils perdaient toute la force de leurs films chinois.
Il suffit de voir L'Arme fatale 4 pour se rendre compte du désastre avec un Jet Li forcé de se battre d'une façon beaucoup moins impressionnante que ce à quoi il nous avait habitués, juste pour que Mel Gibson et Dany Glover puissent suivre...

Bref, il a fallu attendre Ong-Bak mené par l'incroyable Tony Jaa, pour que de nouveau cela castagne grave.

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Même si certaines séquences étaient un peu ridicules

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ou qu'un certain personnage de Street Fighter inspiré par Bruce Lee

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a surement inspiré une séquence du film :

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Et dans L'Honneur du dragon (l'exemple type du film d’arts martiaux aux combats impressionnants, mais qui est complétement kitsch, entre autres à cause d’incompréhensions culturelles), Tony Jaa nous a offert sans doute l'un des plans séquences la plus fou de l'histoire du cinéma d’arts martiaux.

Mais, sans doute à cause de la thématique de ses films, difficilement compréhensible pour des Occidentaux, cet acteur est relativement tombé dans l'oubli.

Bref, les arts martiaux auront plus marqué le grand public dans des films comme Matrix (fait par les Watchowski, grands fans du genre espérant le faire découvrir) que par les vrais chefs-d’œuvre du genre.

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Et le cinéma américain s'est en plus beaucoup aseptisé depuis l'époque de Matrix, la plupart des morts ayant lieu hors champ.

Et sinon les chorégraphies de ces films étaient vouées à être copiées dans des anime japonais...

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C'est pour cela que, quand j'ai vu la bande-anonce de The Raid, j'ai tout de suite été conquis. Film américano-indonésien réalisé par Gareth Evans, un gallois que personne ne connaissait, ce film contenait tout ce que j'aimais bien dans les films d'arts martiaux, mais aussi une bonne partie des défauts de ces films comme un scénario très simple faisant très jeux vidéo et qui n’est qu'une excuse pour éclater le plus de méchants possible. En gros, un commando se trouve coincé dans une tour remplie de bandits et fait tout son possible pour survivre. A ce propos la base de cette histoire est reprise telle quelle dans le récent film Dredd, meilleure adaptation de la BD du même nom si on en croit les fans.

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Dans les bonnes surprises qu’offre The Raid, il y a le fait que le film soit particulièrement violent. En effet, cela devient assez surprenant vu le cinéma américain actuel.

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Les chorégraphies sont super travaillées et toujours plaisantes à voir.

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Et la bande-son dépote tout en collant parfaitement à l'action.

En fait, le point qui m'a le plus marqué est que l'on sentait aussi un potentiel esthétique pour de nombreux plans du film. Le genre d’idées qui laissent penser que si le réalisateur avait plus de budget il pourrait faire des trucs de malade. Le genre de travail graphique que l'on ne trouve d'habitude que dans les films d'action à ambiance traditionnelle chinois (qui, eux, sont largement moins réalistes pour le coup) comme Le Secret des poignards volants (question que je place le titre d'un film que j'aime beaucoup).

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Ça tombe bien, The Raid a suffisamment bien marché pour avoir droit à une suite. Et quelle suite !!!

Oubliez les espaces clos du premier film, cette fois-ci une bonne partie de l'histoire se passe en extérieur. Par ailleurs, l'histoire en soi tombe en plein dans le polar noir, et si, par moments, elle se perd en sous-intrigues (qui servent surtout d'excuses pour placer des combats à part), elle reste une bonne histoire de polar, ce qui manquait au premier.

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Comme dans le premier, on a le droit à des scènes de combats impressionnantes.

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Mais aussi à des scènes se passant dans des lieux inhabituels avec des angles de vue tout aussi inhabituels :

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Cette fois-ci, les gunfights sont mieux réussis.

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On a le droit à une galerie de Bad Guys beaucoup plus marquants comme la femme au marteau

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Ou bien l'assassin :

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Et le film est encore plus violent que sont prédécésseur :

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On observe surtout un travail esthétique super intéressant dans l'utilisation des personnages, de la lumière et du décor. Par exemple, deux des bad guys (dont la femme au marteau dont je viens de vous parler) apparaissent plus tard dans ce couloir :

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C’est un plan dont j'aime beaucoup l'esthétique avec ce jeu de reflet sur les parois.

Et le film est bourré de plans qui, par moments, dans leur découpage viennent rappeler le travail de Wes Anderson.

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Sans parler des d'angles de camera imprésionant pour suivre l'action :

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Mais bon, on reste dans le domaine de l'action et de la baston, et je peux vous dire que comme dans le premier film, vous aurez mal pour les hommes de main.

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Bref, reste plus qu'à attendre The Raid 3 pour se satisfaire pleinement !

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Published by Ray, qui veut mettre des gif partout car les combats, c'est mieux en mouvement ! - dans Pas de PopCorn pendant la seance !
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