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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 12:07
What a lovely, lovely movie !!

Holala, mon pauvre blog je t'ai un peu abandonné faute de temps, mais aujourd'hui je viens de te reconquérir, te marquer du sceau de la passion que je n'ai jamais perdu..
Et comme je suis allé voir Mad Max : Fury Road, hier soir, j'en ai à revendre de la passion.

Comment expliquer la gifle que Miller vient de donner aux réalisateurs de cette époque ?
Peut être parce que son film est d'une créativité incroyable (chaque plan/une idée) ou que techniquement ça tutoie le génie, du genre des cases de Comic Books qui prennent vie avec un brouhaha musical guerrier (tambours et guitare électriques) qui galvanise autant les personnages (War boys) que le spectateur..
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Parce que chaque plan a du sens et que chaque séquences aussi déjanté soit elles, sont cohérente et tout se meut dans un ballet aussi étrange que fascinant.

Ou tout simplement parce que le concept ne tient sur la fuite en avant, celle qui ne fait pas reprendre son souffle, qui donne l'impression que le coeur risque d'éclater, poussé par un shoot d'adrénaline et baigné par une hystérie collective sacrément contagieuse.
L'acte de bravoure au sens pur du terme.

Oui, en quelques secondes et mots l'univers se dévoile en toute subtilité, tout est hiérarchisé, structuré, des communautés à l'aspect social/culturel qui les guide..
Ca glorifie le chrome et la mort sur le champs de bataille pour accéder à un Valhalla promis par un demi-Dieu de pacotille, c'est une peinture si laide et brutale qu'elle en devient poétique..

(Petit clin d'oeil pour les cinéphiles, Joe Immortan çi dessus, est le même acteur ("Hugh Keays-Byrne") qui incarne le bad guy JoeCutter dans Mad Max 1.)


Néanmoins, l'intrigue est simple et les personnages qui semblent d’abord être des réceptacles vide démontre qu'ils servent à faire avancer la narration, se remplissant au fil de cette fuite ou de la "route" qu'ils essaient de tracer..
L'idée en est d'autant plus forte par le véritable enjeu qui se révèle..

Il ne s'agit pas seulement de fuir mais de chercher
l'Eden.
Le film est d'ailleurs résolument féministe, mettant les personnages féminins au centre de l'enjeu.
Si elles représentent un harem et l'acte ultra-privilégie de créer une lignée pour Joe Immortan, elles sont pour Furiosa un moyen de rédemption et de fuir une civilisation patriarcale.
Laissant sur le mur de la cité "We are not thing !" en symbole de révolte.
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Par ailleurs si Furiosa semble être le personnage secondaire, il n'en est rien car elle est la clé de voute, tandis que Max n'est que le fantôme errant qui l'aide à cette quête.
Un spectre qui récupère son âme et sa dépouille, le temps d'un sauvetage..
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(Ce plan est tellement génial, que de voir la fille tomber quelque seconde après, magnifie l'idée même d'une rédemption qui ne lui sera pas accordé.)

Des personnages féminins combatif, porteurs d'espoirs et mine de rien bien plus cultivé/sage que la masse de chair à canon (war boys) que sont devenu la plupart des hommes, et des Matriarches (badass) porteuse de graines emblématique.
(Wé les graines qui poussent dans le sol et le ventre quoi.. ;))

 

Mais s'il n'est pas véritable le "héros"/personnage principal, pourquoi le film porte le nom de Mad Max ?
La note d'intention me semble être évidente, pour le spectateur le personnage de Max est un mythe, une légende qui se raconte de façon éparse, il a eu un enfant, un garçon ou une fille peut être peu importe, c'est son trauma personnel et ce qui le pousse à errer depuis des décennies..
Il est dans l'inconscient collectif, tout ce qu'on est censé se souvenir de lui c'est qu'il est vêtu de cuir et qu'il se faisait appeler "le guerrier de la route" à cause du vrombissement de sa V8, mais aujourd'hui il n'y même plus de route..
Le film perpétue cet aspect légendaire en le faisant disparaitre dans la foule, tel le spectre qu'il a toujours été.

Depuis le 1, le 2 et le 3 lorsque les films se terminent, une voix off conte son histoire de façon de plus en plus flou, voire distante :

"On en sait ce qu'il est advenu du guerrier de la route, certains disent qu'ils l'on vu.."

C'est encore le cas ici de façon plus onirique.


Comme quoi, un film qui semble bourrin et bas du front par son theme post-apocalyptique, a tellement plus de subtilité via son background et son schéma narratif, que tout les produits Hollywoodien qui s'essaient à une transgression molle, poli et vide.

Si Miller m'avait déjà laissé une belle cicatrice et avait inspiré des oeuvres comme Hokuto No Ken ou Mother Sarah avec son Mad Max 1 et 2 dans les 80's, il n'en est pas moins logique d'en retrouver les échos et les hommages dans le visuel de sa derniere oeuvre..

Aujourd'hui il a nouveau laissé sa marqué sur une industrie qui s'est laissé allé à la platitude artistique et aux concessions du grand public..

Jettez une oeil au trailer et "soyez témoin !"

 

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Published by Linsky, qui a été témoin.. - dans Pas de PopCorn pendant la seance !
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