Hunger Games où le "soit disant" roman de l'année..

Chaque année, sur les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon
et une fille - les « tributs » - concourir aux Hunger Games. À la fois sanction envers la population pour avoir tenté de se rebeller et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les
Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. Le dernier survivant est déclaré vainqueur.
Lors de la 74e édition, la jeune sœur de Katniss, Primrose, alors âgée de 12 ans, est choisie pour participer aux Hunger Games et représenter le district 12. Mais Katniss se porte volontaire
pour prendre sa place, afin de la sauver d'une mort certaine.
Avec un pitch rappelant sans peine Battle Royale, on pensera aussi fatalement à 1984 d'Orwell, a Carpenter ou a Verhoeven
et son Starship Trooper aussi cynique que satyrique à la vue des clichés intentionnels..
Pour Hunger Games, je ne saurais dire s'ils le sont..
Cependant il est évident que je vais vous spoiler le film à partir de cette introduction, vous êtes prévenus.

Dans les Districts ce sont des petites gens, vivant de chasse et pêche ou travaillant dans les mines de charbons, visages et habits sales, ils sortent tout droit de Germinal.
Les gens du Capitole, eux, sont ridiculement maquillés et vêtus, extravagant (tout droit sorti d'un film de Tim Burton), superficiel et dédaigneux pour
les plus hauts placés.
Les méchants des autres District sont repérable au 1er coup d'oeil.

Les personnages secondaires ne prennent surtout pas à contre pied leurs rôle.

Ici la petite "Rue", gentill et timide..
Impossible donc, de se faire surprendre par le traitement des personnages, chacun répondant à des stéréotypes précis.
On notera le manque de travail sur celui de Lenny Kravitz en styliste, ou de Woody Harrelson en ancien vainqueur du Hunger Game (et donc privilégié de la Haute aujourd'hui), devenu alcoolique depuis.. enfin pas vraiment, on ne sait pas trop en fait, d'où ma critique.
La mise en scène, quand a elle, est trop appuyé et la réalisation globale ne semble de toute façon pas maitrisé :
- Soit les plans durent 2 plombes afin que le spectateurs comprennent bien avant l'action ce qui va arriver, l'exemple de "la pomme dans la gueule du porc".
- Soit l'effet "shaky cam" rend la véritable action totalement illisible.
Mais tout ceci aurait pu se pardonner par quelques bonnes idées piochées d'ici et là..
Car dans le métrage, flotte des intentions comme celle des "sponsors" pouvant, dans le concept, largement avantager leurs favoris dans l’arène de mort.
Des "sponsors" qui peuvent s'obtenir préalablement par un travail de flagornerie de la part des tributs dans un show télé..

Ce qui est censée être une dystopie fait logiquement écho à notre propre réalité.
"se faire aimer du public pour avoir plus de chance de survivre."
La personnalité de son compagnon de District, Peeta, avait théoriquement autant de force narrative puisqu'il s'agit bien évidemment de faire pacte ou acte de trahison, la finalité étant
la survie..
Oubliez hein.. Les tensions dû au sujet disparaissent aussi vite que Bip Bip poursuivi par le Coyote.
Du coup en sortant de la séance, je ne me souviens pas avoir été autant frustré depuis des années..
Parce que je peux passer outre tout les choix qui tentent grossièrement de viser un public adolescent ou encore des incohérences techniques du contrôle virtuel qui fait apparaitre par magie des
arbres ou des chiens mutants dans la forêt.

Par contre je ne peux vraiment pas adhérer à cette fin politico-moelleuse-merdeuse ! Non ! Non ! Non !
Non !
Si on consent à la symbolique (certes poussive) de l'héroïne au caractère rebelle qui fait fi de certaines conventions, démarre une mini révolution sans même le savoir et surtout qui pose ses
convictions comme ses couilles en tentant le suicide afin de faire un gros doigt d'honneur au concept ..

Le final nous l'a montre pourtant dans une position faussement confortable en nous signifiant bien par gros plan à quel point elle s'est fourvoyé en acceptant d’être devenu un autre des
moutons/pions.
Je n'ai jamais vu autant de consensus dans un final.. jamais.
Et puisqu'il y a relents de Carpenter dans le propos de l’insurrection, on se dit que Snake Plissken aurait mis les fameuses baies empoisonnés dans le cul du
Président puis aurait fait péter une bombe afin que tout le monde aussi bien Aristo que gens d'en bas se retrouve dans un Hunger Game taille réelle (puisqu'ils aiment ça)..
Mais Katniss non, elle, préfèrera sourire comme une Miss France à qui on remet son ornement et en plus remerciera le sieur.

Tout en montrant immédiatement des signes dépressionnaires de sa grosse et baveuses conciliation, portant une belle robe superficielle dans un District qui pue la merde, tenant la main de son
"amant" et regardant dans le vague son "ami ou véritable amour" portant sa soeur au milieu d'une foule ravie..
L'analogie avec notre réalité se fait directement ! *pouf* :
On repense à Loana, comment elle a gagné Loft Story et pourquoi elle tenté de se suicider 20 fois depuis..
Sur cette dernière image nauséeuse on s'aperçoit que ces pauvres gens si méprisés par la haute instance, sont heureux comme si leur équipe de foot avait gagné.. Katniss aurait representé,
paraitrait-il l'espoir durant un court instant.
Bref, les gens d'en haut (du Capitole) et d'en bas (des District) ont vu un spectacle récréatif, mieux qu'un match de foot parce qu'avec un peu de suspense au milieu quand une mini révolution a
failli démarrer chez les pauvres (comme des supporters pas content) mais très très rapidement désamorcé par 2 coup de matraque bien placé.
Ouf ! c'est fini le District 12 a gagné, le Président fronce un peu des sourcils mais les pov' gens peuvent retourner crever de faim, mourir dans les mines.
Wep, vivement le prochain Hunger Game, qu'ils puissent oublier un peu leurs vie de merde.
pour un peu on sentirait le suspense dont ils sont si friand..
"est ce que ce sera mon gosse ou celui du voisin qui va passer à la télé ? hooooo ! vivement ! vivement ! je serais trop fier si c'est notre District qui gagne
encore l'année prochaine !"
Finalement je doutais..
Hunger Games, était-ce de la merde ou une mauvaise adaptation ?
J'ai voulu en savoir plus en attrapant au vol les fameux romans qui ont valu le plébiscite du film avant même sa sortie.
La fin est stricto merdo la même, ce n'est donc pas l'adaptation qui chie dans la colle mais bel et bien l'oeuvre originel qui sent fortement la matière fécale.
Mais là ou je me suis réellement senti vacillé c'est en abordant le 2eme et 3eme roman..
Aucun doute qu'ils seront prochainement dans nos salles, je vous donc laisse la surprise.
Hunger Games est bien loin de toute les oeuvres dont il a tenté de s'inspirer.. trés loin.
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